Que donnerait le fusion de PSA et Fiat Chrysler ?

Fusion de Fiat et PSA

Si Renault a tenté, en vain, de négocier avec Fiat Chrysler Automobiles pour un éventuel accord de partenariat en juin 2019, le groupe PSA veut saisir une opportunité en lançant un essai de discussion en vue d’une fusion 50/50 avec FCA. S’appuyant sur les alliances menées auparavant avec les véhicules utilitaires et les fourgons (Fiat Ducato, Peugeot Boxer, Citroën Jumper), PSA semble déterminer à convaincre davantage le groupe italo-américain de rejoindre son camp.

Si la fusion venait à se réaliser

Sur le plan économique

En réunissant leurs forces et leurs moyens, les deux groupes pourraient donner naissance au 4e constructeur mondial après Volkswagen, l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et Toyota. En effet, en se basant sur les chiffres de l’année 2018, l’alliance afficherait un chiffre d’affaires de 184 milliards d’euros (PSA : 74, FCA : 110) correspondant à la vente de près de 9 millions de véhicules écoulés. Sa capitalisation boursière avoisinerait les 40 milliards d’euros.

Sur le plan technologique

Dans cette approche, les deux constructeurs se partageront évidemment leurs technologies et leurs plateformes. Il se pourrait même que de nouveaux modèles naissent. L’on se souvient de la sortie de la nouvelle Opel Corsa qui se rapproche de plusieurs points à la Peugeot 208. Ceci, depuis que Opel a intégré le groupe PSA en 2017. L’on notera également l’avantage que le constructeur allemand a bénéficié en matière d’électrification : sortie de la Corsa-e. Ce qui nous amène à dire que la fusion serait aussi bénéfique pour renforcer le pôle électrique, du côté de Fiat Chrysler.

Sur le plan industriel

Le grand mariage rassemblera en son sein 14 marques qui seront maintenues, selon Carlos Tavares, directeur de PSA. Le projet verra donc une complémentarité des marques, sans oublier des atouts géographiques pour atteindre les cibles.

Sur le plan organisationnel

En cas de fusion, le conseil d’administration se composerait de 11 membres, dont 5 de chaque groupe. Carlos Tavares serait le directeur général de l’ensemble. Pour ce qui est de John Elkann, le président de Fiat Chrysler, il s’occuperait de la présidence du conseil d’administration. Le nouveau groupe PSA-FCA siégerait aux Pays-Bas et la dispatch du capital se ferait comme suit :

  • Famille Agnelli détiendrait 15 %
  • Famille Peugeot 6 %
  • État Français 6%
  • Dongfeng Motor Corporation 6 %

Que disent les syndicalistes ?

Bien que consultatif, l’avis positif des représentants des syndicats de PSA constitue un soutien de plus pour l’aboutissement du mariage PSA-FCA. Hormis la CGT, tous les syndicats représentatifs ont exprimé leur approbation pour le projet de fusion avec le groupe italo-américain, à l’occasion d’un CSE extraordinaire. Bien évidemment, les syndicats garderont un œil sur la pérennité des sites et des emplois.

Et les sceptiques ?

Sans surprise, l’annonce de l’alliance a fait retentir des sons de cloches par-ci par-là. Spécialisé dans les voitures électriques, le consultant Philippe Chain partage son opinion en se demandant sur ce qui pourrait intéresser PSA dans l’affaire. Il a aussi tenu à rappeler que l’Etat qui détient plus de 12 % du groupe à travers BPI aura certainement son mot à dire, sans parler de Dongfeng Motor Corporation, actionnaire représentant 12,86 %.

Si le syndicaliste CGT n’a pas envoyé de représentant lors de l’instance extraordinaire qui s’est tenue le lundi 18 novembre dernier, il s’oppose toutefois au projet en visant personnellement le directeur de PSA. Selon le délégué syndical central adjoint, Thomas Baudouin, la crainte repose sur la suppression d’emplois et sur la stagnation des conditions salariales comme ce qui s’est déjà passé depuis que Carlos Tavares a pris les rênes du groupe.

Le broker Deutsche Bank, qui ne voit pas non plus l’opération d’un très bon œil, a aussitôt dégradé sa recommandation sur l’achat d’actions du groupe PSA. Il a réduit son cours de 28 à 26 euros, estimant que PSA serait chamboulé par l’affaire de fusion.

Les défenseurs de l’environnement, quant à eux, parlent de la « naissance d’un nouveau géant du CO2 ». En tout cas, l’affaire se poursuit et Carlos Tavares ne semble pas baisser les bras.

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